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Comprendre la culture de l’enfant avec Jean-Philippe



Comprendre la culture de l’enfant  avec  Jean-Philippe
Lorsqu’ils sont arrivés en France, les parents de Jean-Philippe, ont inscrit, leur deuxième fils Alex dans notre établissement et Jean-Philippe dans une école très renommée de la région parisienne.
Lorsque Jean-Philippe est arrivé en France, il était âgé de 13 ans. Quitter son pays, ses copains, et se retrouver dans une école à la pédagogie très française fut un choc énorme pour lui.
Il n’a donc pas bien réussi, et a commencé à se révolter contre tout ce qui représentait les études : d’abord les professeurs, puis les devoirs, les leçons et toute forme d’autorité. En effet, ce type de pédagogie tellement éloignée de ce qu’il avait connu au Canada rendait toute adaptation quasiment impossible. De plus, cette école ne se met pas à la place du jeune qui se trouve déraciné et dans un système si différent et lui demande donc de s’adapter le plus rapidement possible. Il doit « rentrer dans le moule »…. Mais Jean-Philippe, très sensible et avec une forte personnalité, ne voulait pas plier et donc souffrait et devenait de plus en plus révolté. Il était provocateur, ne travaillait plus et ne pensait qu’à une chose : rentrer dans son pays…..La solution préconisée par cet établissement : le redoublement bien sûr !
Au Lycée International Montessori, on n’a jamais pensé qu’un redoublement apportait une solution constructive à une difficulté scolaire. Ses parents faisant confiance à l’excellente réputation de cet établissement de la région parisienne ont insisté et ont demandé à Jean-Philippe de faire un effort et d’essayer une deuxième année. Pour Jean-Philippe, c’était vraiment très difficile. Il commençait à ressentir de la haine pour tout ce système et ne travaillait plus. C’était il y a 7 ans, et à l’époque au Lycée International Montessori, il y avait très peu d’élèves dans les grandes classes de collège et lycée (maintenant ces classes sont pleines !). C’est la raison pour laquelle les parents de Jean-Philippe ne songeaient pas à l’inscrire chez nous alors qu’avec son petit frère Alex, tout se passait merveilleusement bien. Il était scolarisé le matin en anglais donc avec une majorité d’élèves d’origine étrangère, avec des cultures proches de la sienne et avec un grand respect de sa culture canadienne par l’ensemble des enseignants et la direction de l’école.
Mais, voyant que les choses se dégradaient de jour en jour, ses parents décident de nous demander de prendre Jean-Philippe dans notre établissement. Sylvie d’Esclaibes hésitait à répondre favorablement car Jean-Philippe paraissait vraiment en pleine révolte. S’adapterait-il à ce mode de fonctionnement très différent de ce qu’il avait connu en France ? Mais elle finit quand même par accepter car ses parents semblaient très préoccupés par la situation et tout se passait à merveille avec son petit frère. Dans un même temps, devant tous ces problèmes, le père de Jean-Philippe demande à sa société, son retour au Canada pour la fin de l’année scolaire.
Jean-Philippe commence alors sa scolarité chez nous. Il se révèle être un garçon charmant. Nous essayons au maximum de le respecter, de chercher à le comprendre et surtout de retrouver ses habitudes de Canadien. Peu à peu le dialogue s’instaure entre Sylvie d’E et lui. On parle de tous les sujets, du Canada, de sa vie, de sa façon d’avoir vécu ses années en France, de la scolarité au Canada….. En fonction de tous ces renseignements donnés par Jean-Philippe à Sylvie, elle va voir les différents professeurs, et leur demande d’adapter leur comportement à ce jeune garçon venant d’autres horizons que le nôtre.
Il est très gentil, apprécie beaucoup les relations qui s’instaurent entre Sylvie et lui et joue tout à fait le jeu de l’école : les plus grands aident les plus jeunes, sont un modèle pour eux, les professeurs et les élèves se tutoient mais toujours en gardant un respect mutuel, il y a un grand respect des autres cultures. Ce point est important pour Jean-Philippe car au Lycée International Montessori beaucoup de cultures se cotoient.
Jean-Philippe, qui ne se sent plus étranger dans une école française, est heureux de venir chaque jour au Lycée International Montessori. Son évolution est rapide et se remarque chaque jour. Il ne travaille pas beaucoup mais fait ce qu’il faut, il participe beaucoup à la vie de l’école, demande à venir en classe de neige bref il se sent bien et la confiance revient. Ses parents sont ravis, ils ont eu très peur de perdre les très bonnes relations qu’ils avaient toujours eues avec leur fils, mais tout cela revient petit à petit. Lorsqu’un jeune est heureux à l’école, il est aussi beaucoup plus agréable chez lui. Les sujets de discorde disparaissent naturellement.
Un lien d’amitié très fort se tisse entre Sylvie et lui. Il vient à chaque récréation parler avec elle et toutes ces discussions font énormément progresser la situation. Sylvie est en effet toujours totalement disponible pour des discussions avec les élèves lorsqu’ils le désirent. Inutile de demander un rendez-vous, elle est toujours là pour eux et ne demande qu’une chose communiquer pour qu’ils disent ce qu’ils ressentent, ce qui leur plaît ou non car un enfant en souffrance n’est pas disposé à être un élève équilibré.
La classe de neige est un séjour extraordinaire pour lui. Il est vraiment très heureux. Puis vient le voyage en Grèce qu’il fait avec l’école aussi. Ces voyages sont également des temps très forts dans la vie de Jean-Philippe : des souvenirs inoubliables !!! pour Sylvie d’Esclaibes, et pour ses professeurs aussi. C’est un garçon tellement gentil et sensible qu’il sait redonner au centuple, ce qu’il reçoit. Il arrive à faire des choses qu’il n’avait jamais faites auparavant. Sa maman qui vient à ce voyage en Grèce avec l’école, ne reconnaît plus son fils. Il est ouvert, parle à tout le monde….gentil, calme, elle a retrouvé son fils.
Il est tellement heureux et épanoui qu’il n’a plus du tout envie de retourner au Canada, il resterait bien davantage… Mais malheureusement le retour de la famille pour le Canada est maintenant programmé.
Adrien d’Esclaibes, l’aide à la fin de l’année à préparer ses examens pour qu’il puisse réintégrer l’établissement de son choix à son retour au Canada et il le fait avec beaucoup de sérieux. La fin de l’année approche, il prépare avec beaucoup d’application le spectacle de fin d’année où il joue un grand rôle composé de danses avec les enfants de maternelles, de théâtre, et de shows avec ses copains de classe. Le spectacle est magnifique en partie grâce à lui. A la fin, il fait un discours extraordinaire et tellement touchant sur tout ce que lui a apporté le Lycée International Montessori : tellement d’émotions en ressortent que tous sont très touchés. En résumé, il y a retrouvé la joie de vivre, le bonheur d’apprendre, la compréhension de tous, et n’a qu’une idée en tête : REVENIR !
Et il tient sa parole car six ans plus tard, le premier voyage qu’il organise : c’est en France qu’il le fait et à Bailly où il vient plusieurs jours nous rendre visite et nous parler de sa vie qu’il réussit très bien maintenant. Il a terminé ses études, a trouvé un métier et aujourd’hui il est devenu le premier élève-papa du Lycée International Montessori. Il a 23 ans, vient d’avoir un petit Ludovic et est devenu un être extrêmement responsable, autonome, sérieux, gardant sa grande sensibilité et il n’oublie jamais toutes les personnes qui l’ont aidées en France à reprendre confiance en sa vie. Régulièrement nous communiquons ensemble soit par mail, soit par téléphone et il nous a promis que son premier voyage avec sa petite famille serait la France. Récemment au téléphone, il expliquait à Sylvie d’Esclaibes : « c’est grâce à ce coup de pouce que j’ai pu être ce que je suis aujourd’hui ».
Au Lycée International Montessori, l’accent est toujours mis sur la compréhension de l’élève, de sa culture, de son mode de fonctionnement par tous les moyens possibles de communication (mails, SMS….). On ne lui demande pas de rentrer dans un moule, au contraire on lui demande de rester lui-même et c’est nous qui devons nous adapter à lui, ne surtout pas le changer, aller vers lui, et s’adapter à sa personnalité. On sait très bien que la majorité de ces enfants étrangers rentreront un jour dans leur pays ou partiront dans un autre, il faut donc absolument qu’ils restent eux-mêmes pour ne pas perdre leur identité propre.
Un exemple comme celui de Jean-Philippe, on en rencontre tous les jours et il est vraiment rare que l’on échoue. Même dans des cas où des enfants ne parlent ni le français, ni l’anglais, il est toujours possible de faire son maximum pour aller vers eux et leur donner une place à l’école pour leur rendre la vie la plus heureuse possible.
Nos élèves au Lycée International Montessori entrent dans un espace où ils ressentent un bien être qui leur confère une force et une capacité d’adaptation pour leur avenir, dans les études supérieures et dans la vie sociale.



Jeudi 2 Août 2007 - 00:13
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