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Thomas à Montessori 11 ans-18 ans



Thomas à Montessori 11 ans-18 ans
On n'est pas forcément heureux parce qu'on a onze ans ! Et même si l'on est élève d'un collège réputé pour son excellence.

Thomas était en 5e, mais il devenait sombre. Après un très bon primaire, il déclinait "gentiment", sans faire de bruit, s'habituant à devenir moyen, voire médiocre. Nous avions beau réfléchir, nous ne trouvions pas la clef.

Et puis, juste avant les vacances de Pâques, la décision est prise en quelques minutes : il va quitter ce collège, et son père de proposer : "Pourquoi pas Montessori?", que nous connaissions de réputation par l'intermédiaire d'une enseignante du primaire qui défendait ardemment cette pédagogie.

Le propos n'était pas de "mettre Thomas dans le privé" mais de trouver un lieu où il s'épanouirait, convaincus que nous étions que les résultats scolaires sont plus un symptôme qu'autre chose.

Une entrevue sur le champ avec Sylvie qui se rend immédiatement disponible, les enfants du cours d'anglais qui accueillent Thomas tout aussi spontanément.

Le lendemain, Thomas nous donne son accord, sans commentaire (comme à son habitude !) Les commentaires, nous n'en avons d'ailleurs pas tellement besoin. Il est heureux, les notes redeviennent ce qu'elles auraient toujours dû être, sinon excellentes, en tout cas et en fonction des matières tout à fait honorables.

Ensuite, il y eut des hauts (fréquents !) mais aussi des bas (gérés avec les enseignants, avec Adrien et Sylvie): bref, une vie d'adolescent.

Mais jamais, jamais, ni Thomas, ni nous, n'avons remis en question la scolarité à l'école, sorte d'engagement mutuel de la part de la direction, des enseignants et de nous-mêmes à suivre une certaine voie. Et ce, malgré les questions du style : "jusqu'en 3e c'est très bien, mais après, vous ne craignez pas ? " ou encore "pensez-vous qu'il saura se réadapter à un système moins ou plus ?"

Et voilà, l'année dernière Thomas a eu, comme tous les élèves de l'école, son bac, un bac S "du premier coup" !

Et puis, il nous a déclaré malgré son inscription acceptée en école d'ingénieur : "je préfère changer d'orientation" ! Non, tout n'était pas si simple : nous lui demandons d'argumenter. Il avait mûri un autre projet : passer un bac ES pour envisager des études commerciales. Nouvelle réunion avec Adrien qui soutient Thomas nous présente l'enseignement adapté qu'il recevra et ultime année à Montessori : constructive et heureuse elle aussi.

Une année de plus pour mûrir et la preuve que Thomas a réfléchi en toute liberté, indifférent à son tour aux questions : "Mais un bac ES après un bac S, est-ce bien nécessaire ?" Nous verrons bien…

Ce que Thomas a appris avant tout à l'école ¬ c'est mon interprétation personnelle ¬ et parmi bien d'autres choses : c'est que les adultes sont des alliés avant d'être des censeurs et qu'ils sont là pour aider à prendre son avenir en main.

Et notre souhait : qu'il garde le meilleur souvenir de ces précieuses années.

Lundi 11 Juin 2007 - 22:28
S. Poignet
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