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Un enfant qui a vécu un drame peut retrouver sa joie de vivre




Quand Jérôme est arrivé au Lycée International Montessori, il venait de vivre un drame familial particulièrement marquant. Il était alors âgé de 10 ans et l’école dans laquelle il était, avait demandé un redoublement de son CM1.
Sylvie d’Esclaibes a refusé ce redoublement car pour Jérôme qui avait déjà beaucoup perdu sa confiance en la vie, c’était un échec supplémentaire qu’il fallait absolument lui éviter. D’autant plus que le programme du CM2 étant très proche de celui du CM1, cela n’aurait aucune conséquence sur sa future scolarité. Il faudra uniquement mettre en place des cours de soutien pour lui permettre de combler certaines lacunes.
Au début de l’année, il était très fermé, ne parlait à personne, ne regardait ni les adultes, ni les autres élèves, et s’asseyait toujours à une table individuelle où il se retrouvait face au mur. Sylvie a donc respecté ce besoin de solitude, lui proposant uniquement son aide dans son travail. Ce qui est très important, c’est de respecter l’enfant, de le laisser évoluer à son rythme, de l’observer pour essayer de comprendre sa façon de fonctionner. Sans obliger l’enfant à exprimer sa douleur pourquoi ne pas faire aussi tout notre possible pour lui redonner le goût des choses comme l’envie : envie d’apprendre, de progresser, d’avancer et de réussir…..
Parfois dans une situation traumatisante l’enfant se sent responsable et ses valeurs s’effondrent momentanément pour laisser place au doute, à l’incertitude et l’empêchent de construire sa vie sereinement. Par la réussite dans son travail, il peut reprendre confiance en lui en développant des valeurs personnelles comme le courage, la confiance qui lui permettent de construire pierre après pierre l’édifice de sa vie.
La personne qui a mis en exergue ses capacités, renoue un contact afin de progresser dans le travail. Dès que Jérôme a montré ce désir de communiquer avec Sylvie, les choses sont devenues beaucoup plus faciles. Une fois que l’enfant laisse une porte s’entrouvrir, l’adulte peut alors tout mettre en œuvre pour l’aider. Il est aussi absolument nécessaire de s’appuyer sur les autres élèves pour organiser un environnement totalement favorable à l’épanouissement de Jérôme. C’est là aussi l’importance d’avoir les enfants plusieurs années dans la classe du même professeur qui les connaît mieux, et donc gère efficacement leurs façons de réagir. Dans une classe, on peut toujours s’appuyer sur l’aide que peuvent apporter d’autres élèves pour apporter un soutien à leur camarade en souffrance ; ils font preuve dans ces moments d’une grande compassion.
C’est ce que Sylvie a mis en place autour de Jérôme qui est petit à petit devenu sociable, acceptant l’invitation des autres à venir jouer avec eux. Dans un même temps, il s’est beaucoup plus intéressé à ce qu’il faisait, demandant de plus en plus d’aide, ce qui lui permettait de progresser plus rapidement et de lui donner encore plus envie de travailler et d’avancer. Parallèlement, il s’est mis à communiquer davantage, il ne s’isolait plus dans la classe et au contraire se joignait aux autres et retrouvait même une certaine gaieté.
Des aides ont été également mises en place pour ses devoirs afin qu’il ne soit jamais pris à défaut sur son travail. Si certains exercices étaient un peu difficiles pour lui, Sylvie l’aidait le plus possible afin qu’il ne se sente jamais en échec mais au contraire dans un processus de réussite et de valorisation.
Plus les mois ont passé et plus sa joie de vivre est revenue. Il vient maintenant à l’école en courant et un membre de sa famille nous disait que dés qu’elle le déposait devant l’école, son visage s’éclairait, qu’il avait aussi considérablement changé dans sa vie privée même s’il était encore un peu renfermé. Devant cette transformation extraordinaire, elle a décidé d’inscrire les deux jeunes sœurs de Jérôme au Lycée International Montessori.

Les enfants ont d’énormes capacités pour remonter la pente après un évènement tragique à condition qu’il soit bien accompagné. Par contre, il faut rester toujours vigilant et rassurant car la perte de confiance en la vie peut revenir aussi très vite.

Un investissement important dans son propre travail génère des moments de réussite que l’on ne doit qu’à soi même. L’enfant est alors conforté dans l’idée qu’il peut s’en sortir par lui-même, cette notion d’autonomie est fondamentale lorsqu’on aborde les difficultés de la vie.

Dimanche 16 Mars 2008 - 15:43
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