S. est un enfant bilingue car sa mère est anglaise et son père français. Il est très sensible, émotif et avec une grande volonté. Lorsqu’il commence à apprendre à lire, il rencontre de grandes difficultés : il n’arrive pas à retenir les lettres, pour lui, il n’est pas du tout évident qu’un son corresponde à une lettre.
Sa mère, inquiète, va voir une orthophoniste qui détecte une dyslexie : S. aura donc beaucoup de mal à apprendre à lire et à écrire. L’orthophoniste conseille même vivement à sa mère d’arrêter de lui parler anglais car deux langues peuvent rajouter des confusions supplémentaires et mettre S. en échec total. Lors d’un rendez-vous avec Sylvie d’Esclaibes, elle fait part très tristement du diagnostic de l’orthophoniste. Sylvie lui conseille de continuer à parler anglais car il est très important qu’une mère parle sa langue maternelle avec ses enfants pour leur transmettre, au-delà du sens des mots des sentiments et des émotions.
Un enfant en difficulté ne doit pas passer à côté de l’avantage de parler deux langues couramment.
Sa mère décide donc de continuer à lui parler anglais, il suit un enseignement bilingue au Lycée International Montessori, (matin en français et après-midi en anglais). Chaque après-midi, Sylvie le prend en individuel pour des cours supplémentaires afin de l’aider à apprendre à lire. Ce n’est pas facile pour lui, mais il y met tellement de bonne volonté et de courage, qu’il progresse toujours. Le plus important pour Sylvie est de permettre à l’enfant de toujours progresser dans ses acquisitions. Même si les progrès sont lents, le principal est de toujours avancer.
Il faut donc toujours mettre tout en œuvre pour que l’enfant ait cette sensation de progrès continuel.
S. finit donc par savoir lire. L’écrit n’est pas facile non plus mais il est toujours très encouragé par ses professeurs qui l’entourent en créant un climat d’aide et de confiance. Il reconnait que c’est plus difficile pour lui que pour d’autres mais Sylvie lui explique, qu’avec cette difficulté, il développe des qualités exceptionnelles qui le rendront plus fort. En effet, pour y arriver, il doit travailler davantage, passer plus de temps sur ses devoirs, se concentrer davantage et faire toujours preuve d’une grande volonté. Et surtout ne jamais se décourager. De nombreuses fois, tout au long de sa scolarité, il a été nécessaire pour Sylvie d’avoir de longs entretiens pour le rassurer sur ses grandes capacités.
Plus les années passent, et plus il devient bon élève. Tous ses efforts portent leurs fruits.
Grace au sport, discipline dans laquelle il s’investit pleinement, il devient un être vraiment complet et très compétent. A chaque trimestre, les professeurs ne tarissent pas d’éloges quant à son comportement exemplaire et à la qualité de son travail. Même si on se rend compte qu’il a encore des faiblesses dans certaines matières, les encouragements lui permettent de tenir et d’évoluer. Il réussit tous les examens d’anglais de Cambridge qu’il présente. En 1ère, aux épreuves anticipées de français, il obtient la note de 16 à l’écrit, de 10 à l’oral, 20 en travaux pratiques encadrés et de 16 en sciences et vie de la terre.
En terminale, il travaille énormément mais ce n’est pas un problème pour lui car il a toujours été dans l’obligation de fournir plus d’efforts que les autres pour y arriver. Donc contrairement à ceux qui n’ont pas été habitués à faire des efforts importants, lui y arrive sans problème. Et c’est maintenant S. qui fait la différence mais de manière positive. Il obtient de meilleures notes dans la majorité des bacs blancs et malgré les difficultés qu’il a pu rencontrer à l’écrit dans sa scolarité, il pense s’orienter vers Sciences Pô et plusieurs professeurs ayant fait cette formation pensent qu’il en est tout à fait capable. En histoire-géographie, et économie, il rédige de tellement beaux devoirs, qu’ils sont cités en exemple.
Et lors des épreuves du baccalauréat en terminale, il domine tous les élèves de sa classe. Il obtient une mention bien d’un bac ES avec 15,6 de moyenne et des notes extraordinaires dans toutes les matières (notamment 18 en histoire pour une dissertation). Il n’a laissé aucune matière de côté, puisqu’il a obtenu aussi 18 en sports (après s’être entraîné plusieurs fois par semaine en natation et en ping-pong).
En effet, lorsqu’on a été capable d’aiguiser sa volonté depuis le plus jeune âge, sans jamais se décourager, cette volonté est là pour toujours et partout. Et c’est ainsi que S. est devenu de loin le meilleur de sa classe partout alors qu’au départ, plusieurs de ses camarades de terminale obtenaient des résultats bien supérieurs aux siens.
La conclusion de tout cela est que grâce à une difficulté, avec des encouragements (car attention au découragement), un enfant peut développer des qualités exceptionnelles.
S. aura découvert des facultés en lui qu’il n’aurait pas pu soupçonner si on l’avait persuadé de son handicap. Il se réalise et s’accomplit totalement dans son travail dans lequel il puise toute l’énergie dont il a besoin pour se dépasser.